JOVENEL MOÏSE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE D’HAITI !

Cela n’étonne pas. Cela ne dérange pas. Ce n’est qu’un deuxième pas dans la voie qui éloigne les politiciens traditionnels de la magistrature suprême du pays. En attente depuis plus d’un an, le peuple a eu un ouf, mais il espère encore le soulagement. On évitera de se faire mentir à penser que le changement radical nécessaire qui doit s’opérer au sein de la société, passerait par un homme. L’exemple, d’ailleurs, a toujours été, si on fait passer un homme pour un système, il s’enfle, s’éclate et nous éclabousse de son sang mauvais. Un « Homme Parti », c’est de l’aberration ! Pourtant, malheureusement, il nous arrive de nous complaire dans l’admiration d’un système corrompu, à rechercher une position confortable pour une réussite personnelle, oubliant avec regret et au mépris (assez souvent) des désidératas du collectif. Nous assurons la promotion de l’Homme Parti, quand nous cherchons avantage en considérant un homme seul comme pourvoyeur des éléments capables de conduire au progrès. C’est souvent déjà que nous ayons butté sur le non-vrai.
Jovenel Moïse est Président ! On le dira anonyme, sans passé politique ! Sans contredire qu’il a su bien exploiter son rôle d’acteur dans le théâtre de la vie. Il est arrivé en pompe avec sa cargaison, avec son slogan qui tient, faut-il- bien le croire aussi, du traditionnel : « Nèg Bannann ». Ce slogan qui loin d’être ironique, traduit le fait que le peuple a toujours été retenu par le ventre.
Jovenel Moïse est Président, certes novice en politique, son entrée parait novatrice et pour plus que vrai, il lui faut apprendre encore à innover davantage. Le travail est abondant, bien plus que la moisson de suffrages qu’il a reçue. Jovenel Moïse doit se montrer capable d’aider le peuple à penser des modes d’éradication de ses conditions misérables. Il doit se faire entourer d’hommes consciencieux jusqu’au scrupule. Les institutions d’Etat en Haïti, sans exception aucune, ont un fonctionnement virtuelle ; les services adéquates se produisent en dehors de leurs murs d’enceintes respectives. Ce qui produit comme grands résultats : la déception fréquente, la désolation abyssale, l’insatisfaction intolérable, l’humiliation à ce peuple souffre-douleur.
Jovenel Moïse est Président, il doit nous aider à reconstruire le mur de notre civisme longtemps écarté. Oui, il nous faut réapprendre à privilégier les intérêts de la collectivité au détriment des nôtres propres. Le travail est abondant et le terrain est d’une rugosité irritante. On doit songer que les habitudes ont la vie dure. Nous en avons acquis beaucoup de ces mauvaises habitudes qui nous attirent tant de critiques incisives.
Nous ne connaissons pas en réalité Jovenel Moïse et nous sommes portés à lui octroyer un crédit sur l’un des axes rouges de notre évolution de peuple : l’Agriculture. N’avons-nous pas appris que la terre d’Haïti est essentiellement agricole ? De ce fait, n’allons pas assister et voir ce que le Nèg Bannann va nous offrir, apprêtons-nous plutôt à fournir notre participation réelle. Comment réapproprier les terres cultivables « aux gouverneurs de la rosée », les hommes aux bras forts ? Et ensuite conduire le gouvernement à les assister pour de vrai. Vient ensuite le problème de l’éducation. L’éducation, dit-on, élève l’homme à la dimension de son être. Aujourd’hui, l’éducation est dégradée à son plus bas niveau, en Haïti. Et pour tel type de société (type d’Homme) que l’on veut construire, doit répondre un type d’éducation. Il ne sera pas facile, on le sait, pour les haïtiens qui vivotent dans la pauvreté absolue. Car, la pauvreté permet très, très difficilement de bâtir une économie du savoir. Mais, il faut tenter. Dix fois ! Vingt fois ! Cent fois ! Il faut tenter. Il suffit d’avoir tenté, c’est l’important, dirait l’autre. Une éducation constructive, orientée vers le développement des compétences et supportée par la morale du devoir humain, nous aidera sans aucun doute à rétablir parmi nous, les bonnes mœurs qui aujourd’hui nous font grand défaut et surtout à combattre l’outrance d’une acculturation dégradante. C’est assez décevant que nous embrassons tant de comportements venus d’ailleurs, qui nous dévaluent, sans en accorder un temps de jugement à leurs méfaits sur notre société. Dire aussi, que nous apprenons mal à toujours considérer les autres supérieurs à nous-mêmes. Cette mauvaise attitude qui nous jette dans une insécurité personnelle, d’abord et dans une méfiance généralisée, troublante à notre existence commune.
Jovenel Moiïe est Président d’Haïti. Cela ne doit pas déranger ! Lui-même se retrouve en devoir difficile de réunir les différentes fractions de la société. Lui-même se retrouve en situation d’assurer au peuple Haïtien une sécurité alimentaire, une sécurité éducative, une sécurité sanitaire, et une existence morale solide. Lui-même se retrouve encore en devoir de rétablir la confiance dans nos institutions, fleurons de notre civilisation, entourées de rapaces, de malfrats, de fossoyeurs.
Jovenel Moïse est le Président d’Haïti. Il est le Président de tous ceux qui s’étaient rendus aux urnes et aussi bien le Président de ceux-là qui ont débouté la réquisition des responsables du Conseil Electoral pour se rendre aux bureaux de vote. Tous, Haïtiens, nous devons être prêts à affronter avec lui les difficultés à éclipses qui entravent nos progrès.
Haïti d’abord ! Haïti toujours !

Jean Rony Cinéus