Adieu les classes intellectuelle et politique de mon pays !

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Dans les pays organisés où la normalité règne, il faut une certaine préparation avant d’accéder à certains postes que ce soit au niveau d’une ville ou d’un pays. La fonction des parlementaires, qu’on les appelle congressmen and senators aux Etats Unis, députés et sénateurs dans les pays francophones ou diputados y senadores dans les régions où l’on parle l’espagnol, est la même: faire et interpréter les lois. Sans vouloir dévaloriser la position de maire, je dirais que n’importe qui peut briguer cette fonction pourvu qu’on ait des idées de progrès et développement. Par contre, pour être député ou sénateur, il faudrait absolument qu’on possède un certain bagage intellectuel. Rendez-moi fou ou sage, comment peut-on faire et interpréter des lois si l’on sait à peine lire et écrire? Je n’étais pas un fan de la 45ème législature dont je parle souvent à travers mes écrits. Cependant, tout jeune que je fusse, je prenais toujours plaisir à en suivre les débats politiques. A l’époque, on avait l’impression que détenir une licence en droit était la condition sine qua non pour être un parlementaire mais surtout un sénateur. Ce n’est pas sans raisons qu’on avait vu des sénateurs et députés qui suivaient des cours juridiques tant dis qu’ils remplissaient leur rôle de parlementaire.
Il convient de noter que le dernier grand courant politique a emporté pas mal de gens sans lecture ni écriture au parlement. Si l’on était assez chanceux d’être accepté par ce courant politique et d’être un de ses candidats, sa chance de réussite était maximale. Connaissez-vous cette histoire marrante ? Le parlementaire qui faisait cirer ses chaussures devant le parlement avant d’y entrer ? A ce qu’il paraît, l’homme de loi n’étant pas satisfait du travail fait par le cireur a fait remarquer qu’autrefois, après avoir été cirées, les chaussures étaient comme un miroir et a demandé où étaient passés les anciens cireurs de souliers. Ironiquement et véridiquement, le pauvre homme, tout en frappant de son morceau de toile rectangulaire le soulier sur sa petite boite essayant bien sûr de le polir davantage, a répondu : patron, ils sont tous au parlement
Je suis un mélomane et je vis de la musique : mondaine, évangélique, kompa, rap kreyòl, troubadou et je ne rate jamais l’occasion d’encourager les artistes haïtiens à progresser dans leur métier à chaque fois que l’occasion se présente. Cependant, il est un fait certain que la majorité des jeunes embrassant la carrière musicale fait un choix entre la musique et la poursuite des études universitaires et parfois même secondaires. Si vous vous êtes informés, vous saurez que notre président en dépit de la grande famille dont il est issu et pour lequel j’ai de l’estime, n’est pas l’exception qui confirme la règle. Il est prouvé même aux Etats Unis que la carrière musicale est un cercle vicieux. Lorsqu’on y entre, il est presqu’impossible d’en sortir. On devient fameux, riche et l’on est attendu partout. Alors l’éducation ou la poursuite des études n’est plus nécessaire. On multiplie ses succès, on est populaire et on a des millions de fans dans le monde.
Que dire des artistes haïtiens qui composent et qui chantent dans le vernaculaire, la langue qui unit toutes les filles et les fils de la patrie bien-aimée ? Il y a un vieux dicton, la politique aux politiciens. La politique, chers amis est un art. Si vous êtes députés sénateurs et même président d’un pays sans connaitre l’ABC de la politique, vous êtes condamnés à faire fiasco et à enterrer le pays que vous dirigez. C’est ce qui se passe à présent aux Etats unis d’Amérique où les parlementaires zélés du Tea Party prennent le pays en hottage. Rien de concret ne peut se faire dans le pays. C’est un danger !
En Haïti, nos compatriotes voient les politiciens et les intellectuels comme des « radotteurs », des « bétizeurs » et des « ranseurs ». Quand ils doivent choisir entre ces derniers et les musiciens, ils jettent leur dévolu sur les musiciens. Ils sont peut-être intelligents en choisissant les moindres des maux. Les intellectuels ont le Savoir et les Connaissances, ils ont la « lumière tandis qu’ils refusent de les partager avec la masse ; les politiciens font fortune dans les biens de l’état et s’en tapent royalement des souffrances de la population et il n’y a que leurs femmes, leurs enfants et leurs proches amis qui existent pour eux. Les fameux musiciens quant à eux, ne partagent pas l’argent qu’ils ont avec la population mais ils la font danser. Ils la font oublier leur misère chronique quand elle écoute leur musique. Ceci est pour vous dire que si Gesner Henry alias Koupé Kloué était encore en vie et qu’il avait en face de lui Mme Mirlande Manigat ou le professeur Sauveur Pierre Etienne à la course présidentielle, il n’y a pas de doute que le musicien remporterait ces élections. Je n’ai aucun problème personnel avec Antonio Cheramy surnommé Don Kato, un des deux sénateurs de mon département, le département de l’Ouest, encore moins avec Jacques Sauveur Jean, le prince de l’amour ou Jackito comme ses fans l’appellent, élu le deuxième sénateur du Nord ’Est. Dites-moi, où sont les classes politique et intellectuelle du pays ? Permettez que je revienne avec la 45ème législature avant de terminer. Au cours d’une séance à la chambre haute, le sénateur Clark Parent chantait et faisait du bruit tandis que les autres sénateurs argumentaient tout simplement parce qu’il n’était pas d’accord avec eux.
Je conclurai tout en félicitant les musiciens que j’estime opportunistes mais intelligents. Se sòt ki bay e se enbesil ki pa pran. Si ou se fi, ou chita ak janm ou byen louvri, se pa fòt vagabon an kap gade devan’w lan. Je lance un appel solennel surtout à la classe intellectuelle de mon pays. Utilisez votre Savoir et vos Connaissances pour éduquer et sensibiliser la masse. Servez-vous des heures d’antennes pour faire des émissions à caractère éducatif, social, civique et politique qui soient à même de les guider dans le choix des hommes appelés à les diriger et à diriger le pays.
Votre serviteur, Rulio Oscar